Picking Up

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Avant propos :  

Qui suis-je pour écrire un article sur ce site ? Un juge de fields trials ? Un éleveur réputé ? Un dresseur professionnel ? Un éminent spécialiste des sciences canines ?….. 
Non rien de tout ça, juste un simple amateur et utilisateur de chien de chasse qui n'a d'autres prétentions que de faire partager sa passion pour …… "le Picking
 Up" !

En quoi consiste le picking up ?

Le picking up est l'activité consistant à rechercher le petit gibier et le gibier d'eau blessé ou mort au cours d'une battue. 
Outre le fait que ce soit un entraînement enrichissant pour les Retrievers et les Spaniels et une excellente préparation à la chasse et au Fields trial, c'est surtout et avant tout un devoir éthique que de s'assurer que le petit gibier blessé soit retrouvé dans les plus brefs délais et ceci à l'image de ce qui a lieu pour le grand gibier où cette obligation est nettement mieux ancrée dans les mentalités. 
 

Le picking up est pratiqué en participant à des chasses de type battue, battue en ligne marchante, levée d'étang ou passée au cours desquelles le rôle du conducteur de chien consistera à aider le directeur de battues ou le garde chasse à récupérer le gibier tiré.

Il est vrai que généralement les chasseurs sont accompagnés de leur chien et que le directeur de battue ou le garde chasse peuvent compter sur eux pour faire preuve de cette éthique fondamentale, mais l'organisation d'une journée de chasse rend parfois ces chiens peu disponibles car leurs maîtres doivent quitter rapidement leur poste en fin de battue afin de rejoindre leur place devant l'enceinte suivante et dans ce cas le « conducteur-chasseur », quelque peu pressé par le temps et la rigueur nécessaire à l'organisation, ne sera pas toujours en mesure d'effectuer toutes les recherches nécessaires et de persévérer par exemple dans la recherche d'un vieux coq faisan désailé qui tourne en rond dans un gros roncier, de même il n'est pas toujours simple pour le directeur de battue d'arrêter la ligne marchante pendant de longues minutes afin d'effectuer la recherche d'un lièvre blessé pendant qu'en avant de la ligne les chiens d'arrêt continuent leur quête et essayent de bloquer la xième fois une compagnie de perdreaux qui n'en fini pas de piéter. 

Heureusement les mentalités évoluent depuis quelques années (trop lentement sûrement !?) et de plus en plus de responsables de chasse font preuve d'un esprit pratique et éthique en s'assurant les services d'un ou plusieurs chiens étrangers à la chasse, conduits par des personnes ne chassant pas au cours de cette journée et qui peuvent travailler directement ou quelques temps après la traque en ayant l'occasion de laisser s'exprimer les qualités de marking et de pistage de leurs auxiliaires spécialement préparés pour cette tâche spécifique du travail « après le coup de feu ». 

Ces responsables de chasse, directeurs de battues et gardes qui font appel à des conducteurs et des chiens « étrangers » doivent pourtant souvent faire preuve d'une grande volonté et s'expliquer longuement face au chasseur qui a de grandes difficultés parfois à admettre que SON chien, SON champion, n'est pas infaillible !Combien de fois lors de grandes levées d'étang après la battue n'ai-je entendu de la part d'un chasseur posté avec son chien : « Arrêtez de chercher pour rien Monsieur ! » »Tout le gibier est ramassé et si Médor n'a rien trouvé c'est qu'il n'y a plus rien ! ».

Sans jamais oublier de complimenter ce chasseur pour l'excellent travail de rapport réalisé par son chien, j'attendais tranquillement le départ des chasseurs pour la traque suivante avant d'entreprendre mes recherches au cours desquelles un springer ratissait méthodiquement chaque roselière pendant qu'un retriever récupérait dans l'eau glacée et profonde les canards blessés qui n'avaient pas hésité à plonger. 
Une heure après je déposais discrètement une dizaine de canards ou de sarcelles dans la jeep du garde chasse très heureux de constater le bien fondé de recherches méthodiques menées en dehors « du feu de l'action». 

 
L'équipe idéale devrait selon moi être constituée d'un groupe mixte spaniel/retriever parmi lesquels il y a toujours un ou deux chiens expérimentés qui rassurent les jeunes par leur attitude et « garantissent le service » à l'organisateur de la journée de chasse pendant que les chiens débutants sont sollicités en leur proposant des actions adaptées à leurs possibilités afin que de cette façon ils prennent l'assurance et l'expérience indispensable à la montée en puissance d'un novice qui arrivera de la sorte à un niveau de compétence suffisant pour être autonome.  

Ayant eu la chance et le plaisir d'être accueilli par différents propriétaires sur des domaines de chasse aussi bien en Belgique qu'en France, j'ai constaté que ce partage de compétences, s'il a lieu dans de bonnes conditions, est largement profitable aux deux parties car les chiens et les conducteurs sont amenés à prendre de l'expérience sur des terrains variés et sur des gibiers différents de ceux rencontrés régulièrement dans leur région tandis que de leur côté les directeurs de battues et gardes chasse augmentent la valeur de leur prestation en conjuguant éthique et qualité du tableau.

J'ai bien dis qualité du tableau et non quantité ; car en effet un tableau de 8 pièces de gibier naturel ayant été chassées dans les règles de l'art par de bons chiens, tirées et retrouvées dans de bonnes conditions vaudront toujours plus à mes yeux qu'un tableau de 100 pièces clôturant une journée au cours de laquelle quelques faisans ou canards auront été « oubliés » au fond d'un roncier ou d'une queue d'étang ! 
Alors en cette période de préparation pour la prochaine saison de chasse, peut être est-ce le bon moment pour envisager une première expérience qui, j'en suis persuadé, ne restera pas sans suite car le « picking up », l'essayer c'est l'adopter ! 
Si ce sujet vous intéresse, dans un prochain article je vous suggère de détailler la mise en œuvre sur le terrain et les fautes à éviter lors de votre première sortie. 
Amicalement 
Benoit.D